Samedi 19 aout

C'est avec un sentiment de frustration qu'hier je m'en suis allé de la pointe de saint Laurence (oui, je traduit sinon je vais en perdre en cours de route). Frustration de ne pas avoir vu les côtes de l'ile sous son bon jour. C'est ainsi que ce matin je me suis levé avant les poules, genre 5h30 pour m'en aller sans le petit déjeuner vers la pointe en question. Le dilemme s'est posé à moi si je devais y aller en direction de l'Est en longeant la côte ou de descendre vers l'autre coté de l'ile (le sud), passer dans Funchal et remonter vers le Nord-Est. Et bien c'est cette seconde option que j'ai choisi et sur le papier (ou sur la carte) ça parait plus long, et ben détromper vous, il y a le même kilométrage et c'est plus en ligne droite, plus de routes récentes. Je suis arrivé au premier mirador de nuit avec juste ce qu'il faut de jour qui perce la nuit. Comme Tom Hanks, sur cette finistère, j'étais seul au monde. Et comme dirait le groupe téléphone, le jour s'est levé. Heureusement me diriez vous puisque c'est normal venant de la nature. Ce qui est bien et interressant depuis ce mirador, c'est que l'on voit super bien la physionomie de l'ile. En face de nous, une côte pars vers la gauche (le sud) et une autre part vers la droite (le nord). Tant et si bien que l'on a comme qui dirait la vue en coupe de Madeire. Du Nord on voit très bien les falaises tomber à pic dans l'océan; la partie haute de ces falaises monter vers les sommets puis descendre en pente douce vers le sud, du coté de funchal. On a toute cette vision sans tourner de la tête, c'est là juste sous nos yeux. A propos, la lune, elle est présente sauf que c'est un croissant tout fin.

Donc c'est avec un soleil haut que je m'en suis allé continuer pour la seconde journée de suite à rouler dans l'ile pour tout voir. J'ai vite déchanté: en allant sur la pointe, à un moment je me suis ramassé une averse qui, bien que partie, m'est revenue sous la forme de brouillard puis de pluie. Mais bon ça se comprends dans la mesure où je me trouvais sur une hauteur, du coté de Santa Da Serra. Comme je trouvais que c'était du gachis, de la perte de temps, j'ai changé mon fusil d'épaule pour changer de trajet (oui, encore une fois). Mais bon, comme je ne viendrais plus à Madeire, ce sera de toute façon à faire qu'il pleuve ou qu'il vente. Quoi qu'il en est, la journée s'est bien finit et le tantôt, pas de puie, ou si peu. J'aurais parcourus 354km ce samedi pour une ile qui avoisine les 24km de haut en bas et les 57km de longeur. Sans compter qu'hier j'en ai fait 243 de kilomètres. Je peux quand même le dire: j'ai fait ce que j'avais prévue de faire et voir. Il me reste pourtant encore un détail et pas des moindres puisque c'est ce que font les gens quand ils viennent à Madeire. Donc selon la météo, je ferais ça dans les 2 jours à venir.

Beaucoup de village traversés en fleurs, mais pas les vraies, celles en papier crépon. Il y en a sur les lampadaires, de lampadaires à lampadaires, etc... et tout ça en direction de l'église. C'est assez joli et je suis sur que ça va bien rendre, on verra.

Voilà les enfants, j'ai pas grand chose à dire ce soir puisque ce fut conduite le long du jour. Ah si, ce matin de bonne heure, je me suis fait controler par la police. Ils étaient deux, en plein milieu d'un tunel (aucun échapatoir si l'on est l'ennemi public nº1). L'un des deux a vu mon permis de conduire et a vite fait le rapprochement que ma voiture était de location, bref, ils m'ont pas trop emmerdé. Ça m'a fait dire que mardi matin en allant à l'aéroport, il faut bien que je respecte le code de la route car ça serait trop con de manquer l'avion pour un PV d'excès de vitesse ou autre chose d'idiot. Par la même occasion, j'ai vu que j'ai mis 40mn pour aller de l'hotel à l'aéroport. C'est un bon tuyau que celui là.

A rouler de la sorte, je suis venu à me dire que je ne pourrais pas vivre sur une ile. Je crois que je m'enmerderais. L'ile est pour ainsi dire petite et quand on y vit, que l'on a été partout au moins une fois dans sa vie, que reste t-il à faire d'autre? Vivre pour travailler, se marier, enfanter puis mourir? Et tout ça en restant au même endroit? On est quand même bien sur le continent, dans un pays donné. S'il y en a beaucoup autour du sien, cela donne de ces opportunitées de découvertes non négligeable. Madeire, c'est bien, mais pour y venir en vacances seulement...

Sur ce, à demain.