Fiche technique
Film indien.
Date de sortie en Inde: 16 octobre 1998
Genre: bollywoodien
Durée: 2h57
Scénario: Karan Johar
Musique: Jatin-Lalit
Directeur de la photographie : Santosh Thundiiayil
Auteur lyrique: Sameer
Avec: Shahrukh Khan , Kajol , Rani Mikherrjee , Sana Saeed.

Synopsis
Anjali, petite fille de 8 ans, tente avec l'aide de sa grand-mère de refaire tomber amoureuse celle qui aimait son père, au lycée.

Mon avis : Un film bollywoodien dans la plus pure tradition; dépaysement garanti!

 Ce film est en deux parties.

1) Anjali, fillette de 8 ans, lit la dernière des 8 lettres que sa mère, Tina, lui a écrit avant qu'elle ne meurt, peu de temps après la naissance de la fillette. Dans cette ultime lettre, sa mère lui raconte la rencontre avec celui qui allait devenir son père, Rahul, et l'histoire d'une troisième personne qui était amoureuse en secret de ce même Rahul et qui a préféré s'effacer devant cet amour naissant entre ses deux meilleurs amis de lycée. Le nom de cette jeune femme? Anjali, comme elle.
La lecture de cette lettre de son 8ème anniversaire de sa mère décédée, donne lieu à un flash-back sur les années lycée de ce trio.
2) La seconde partie du film est le temps présent où Anjali-fillette tente, dans un premier temps de retrouver cette Anjali-femme, et dans un second temps, de faire retomber amoureux son père.

Alors ce qui est magnifique avec Kuch kuch hota hai c'est que la durée des, presque 3h, passe à une vitesse dont on ne se rend même pas compte. Le flash-back de la première partie dure la moitié du film, c'est vous dire. Le montage du film en lui même est le principal moteur de ce sentiment de surprise.

Avant de voir ce film, il faut mettre de coté tout ce qui est logique de la réalité selon notre point de vue cartésien. Nous sommes dans un film bollywoodien qui est fait pour que nous rêvions. Preuve en est dans la seconde partie puisque, par exemple, Anjali-fillette s'en va dans une colonie de vacances pour l'été; elle y rencontrera (comme par hasard) l'Anjali-femme qui est animatrice de chant (ça tombe bien pour un film musical) qui ne connait pas la fillette et du coup, le passé de celle-ci. La fillette ayant compris qui est cette femme, attire son père sous un faux prétexte (maladie imaginaire) dans la colonie de vacances et PAF! Cupidon n'est pas loin. Sauf que... sauf que Anjali-femme est fiancée et pas loin de passer devant le curé (enfin, ça se passe en Inde, alors ça doit pas être un curé!). Patatras, c'est la dégringolade pour la fillette et le père, re-amoureux de cette femme qu'il a connu adolescent comme garçon manqué. Mais qu'à cela ne tienne, on aura tous compris qu'il y aura un retournement de situation pour que la fiancée n'aille plus avec son fiancé qui lui, comprendra ce nouvel amour.
Mélodrame assuré avec des larmes et des yeux rouge, musique bien appuyée pour donner ce sentiment d'un monde qui s'écroule quand l'horrible vérité (le futur mariage) est révélée, etc, etc...
Alors oui, avec nos yeux d'occidentaux, on peut trouver certaines situations surjouées, presque comiques tellement c'est neuneu, mais les personnages sont si touchants, si attendrissants, que l'on se plonge facilement dans l'histoire du film, et dans l'histoire de cet amour. Et du coup on ne s'ennuie pas une seule seconde. De toute façon, tout concourt à ne pas s'ennuyer: le jeu des acteurs (si si), les paysages, la musique (ah, la musique, un régal), les chorégraphies, la beauté des actrices (je fond, je fond...),etc.

Ingrédient principal de tout film de cette catégorie: la musique.
En Inde, avant qu'un film soit sur le point de sortir en salles obscures, les chansons passent tout le temps à la radio, devenant des hits. Si bien que lorsque le film sort, les gens veulent mettrent des images sur la musique qu'ils n'ont pas cessés d'entendre et aussi, de voir les chorégraphies des danseurs et acteurs. Kuch kuch hota hai (KKHH) possède son lot de chansons immédiatement mémorables au nombre de 8. Des titres musicaux et visuels qui durent tous pas loin de 7mn (soit une cinquantaine de mn sur un film de 3heures!!!). Chapeau bas, messieurs!
Le premier titre est Ladki Badi Anjani Hai (les jeux sont ouverts pour me trouver la traduction!) et quand on voit ce mélange de minijupes et de Sari, de musique traditionnelle et de guitare électrique, de danses typées indiennes et d'autres dignes des boites de nuits de nos pays, on ne peut s'empêcher de penser au Grease que tout le monde connait. Il faut dire que les amourettes entre la fille la plus belle du lycée (que tous les garçons aiment secrètement) et le garçon convoité par toutes les filles qui se retournent sur son passage, on pense au couple travolta et Newton-John. Alors les années Lycées et la partie musicale, ça fait re-tilt.
Un autre titre (celui que j'adore) est Saajanji Ghar Aaye. C'est la scène où Anjali-femme et son fiancé sont sur le point de se marier, mais Rahul apparaît et la mariée ne sais plus à quel saint se vouer (ils ont des saints en Inde?). Un ravissement des yeux avec ces danses exotiques de tout un monde à l'unisson; de ces couleurs qui explosent à l'écran de bout en bout (le cinémascope est une chose magnifique).
Et Anjali-femme avec sa toilette de mariée, son maquillage au henné et les bijoux qui dégringolent de tout son long, elle est la plus belle de toutes. J'aurais une question: où est le moule qui confectionne ces femmes, toutes dignes d'être des miss monde??? Où est il? Indiana Jones ferait mieux de le chercher plutôt que l'arche perdue!
Ce qui est bien dans ces morceau musicaux, c'est que ça commence des fois sur la montagne pour finir au bord de l'eau, le rêve à portée de l'écran. Et l'Inde possède des paysages magnifiques. Tantôt l'on se croirait dans les Alpes Suisses, tantôt dans les plaines verdoyantes d'Ecosse.

Le film a eu 8 récompenses au Filmfare Award. Ce sont les lecteurs du Filmfare magazine qui votent pour le film gagnant. KKHH a eu les prix les plus prestigieux; meilleur film, réalisateur, acteur, acteur dans un second rôle, scénario. Meilleure actrice, actrice dans un second rôle, direction artistique.

Lors de son passage télé, ARTE donnait le titre VF comme Laisse parler ton coeur. Mais KKHH voudrais plutôt dire quelque chose de spécial ou il y a quelque chose qui se passe dans mon coeur, une définition du coup de foudre.

Récemment, est sorti en France (le 27 avril 2005) un film où joue Shahrukh Khan (Rahul), New York Massala. Et le 26 mai dernier est sorti chez nous, la famille indienne, film du même réalisateur que ce KKHH.

Avec ses 8 césars Indiens, KKHH est toujours le film préféré des spectateurs indiens selon un récent sondage. Je suis pas indien, mais moi aussi (mais bon, à part Raja Industani, j'en ai pas vu d'autres). C'est un film à voir pour qui aime ce genre de films; et surtout, il ne faut pas prendre au sérieux. Déjà que j'adore les comédies musicales, quand elles sont hors normes, je suis tout chose et j'ai obligatoirement la banane.


Note : 3 étoiles